Quelques principes de la collaboration en classe

Un des objectifs du projet est d’amener les élèves à collaborer entre eux et avec l’enseignant pour mutualiser leurs connaissances et leurs compétences pour progresser et produire des données et documents de meilleure qualité. Cependant, cette pratique n’est pas habituelle dans le cadre scolaire et les élèves sont déstabilisés par ce que je leur demande.

Le classeur : un espace collaboratif entre les élèves et l’enseignant :

Le classeur numérique de l’élève qui se synchronise avec celui de l’enseignant est conçu pour être un espace de collaboration. Cependant, les élèves ont encore du mal à prendre en considération les annotations ou les conseils que je leur formule. Certains ont vite compris l’intérêt pour améliorer leur travail, d’autres se contentent de les regarder mais n’en tirent pas encore de conclusions pour modifier leur premier jet.

Il y a pourtant un avantage indéniable que tous remarquent : je vois ce qu’ils font. Les élèves ont besoin de solliciter régulièrement l’avis de l’enseignant pendant le temps de cours pour que celui-ci contrôle le travail. Certains attendent patiemment ce regard bienveillant pour continuer à avancer et parfois le temps du cours ne suffit pas à donner son attention à tous les élèves. Grâce à la synchronisation, tous les élèves, alors même qu’ils travaillent en autonomie ou font des travaux individualisés, ont l’impression que je suis plus proche d’eux, que je m’intéresse davantage à ce qu’ils font car je ne perds jamais le contact avec leur travail.

La collaboration entre élèves :

Dans le temps du cours, de nombreux moments sont consacrés au travail en binôme ou en groupes plus larges. Les élèves apprennent à collaborer et à s’aider mutuellement pour régler des questions de cours ou des problèmes informatiques. Je leur ai expliqué le fonctionnement par groupes de compétences et, malgré leur envie irrépressible de me solliciter, ils savent qu’ils doivent d’abord chercher par eux-mêmes et avec l’aide de leurs camarades pour répondre à leur question s’ils ne veulent pas me voir refuser de répondre.

Ces pratiques se mettent en place doucement depuis le début de l’année. Plus on avance dans le projet et plus ils sont capables de trouver des solutions par eux-mêmes.

Il n’est pas question que je les laisse face à leurs interrogations mais ils ont bien compris, pour avoir tous, au moins une fois, fait partie du groupe « Ronde des plats », que pour pouvoir aider les élèves en difficultés, je dois être davantage disponible. Ils jouent donc le jeu et la semaine dernière, à une question qui m’était posée, une élève s’est spontanément proposée pour aller aider son camarade en difficulté.

L’enseignant garde un rôle central dans la classe mais plus celui de chef d’orchestre que de transmetteur unique du savoir.

Une classe à géométrie variable

Individualiser, personnaliser ou différencier le travail pour chaque élève de la classe demande beaucoup d’organisation. L’avantage de l’utilisation des tablettes pendant le cours est de pouvoir mettre à disposition tous les exercices nécessaires d’un seul coup. De plus, d’une séance à l’autre, les élèves peuvent poursuivre leur travail individuel sans difficulté puisque l’on élimine complètement tous les problèmes d’oublis de matériel du côté de l’élève comme de celui du prof.

Afin de faciliter le travail individuel, j’ai décidé d’instituer un fonctionnement en groupes ou îlots de compétences:

  • Le premier groupe appelé « Le chef est parti » est constitué d’élèves que je pense ou qui se pensent aptes à faire l’exercice sans aide de ma part. Ce groupe doit réaliser des exercices d’approfondissement ou des activités qui peuvent être périphériques au cours et à la notion abordée.
  • Le second groupe appelé « Panier garni » est constitué d’élèves qui ont compris la notion mais qui doivent encore préciser des éléments dans les connaissances ou compétences à acquérir. Ils travaillent nécessairement en binôme et ont le droit, après avoir cherché par eux-mêmes, de me consulter sur l’exercice dit de consolidation.
  • Le troisième groupe appelé « Ronde des plats » travaille avec moi. Ils n’ont pas compris ou ne sont pas encore capables de réinvestir la notion dans un exercice. Nous faisons un travail de remédiation ensemble avant de faire l’exercice de consolidation.

Ces trois groupes sont variables, ils dépendent de chaque notion. Ainsi, un élève peut avoir besoin de mon aide au moment où l’on aborde la double énonciation au théâtre et avoir parfaitement compris le registre tragique. Il figurera donc dans le troisième groupe lors d’une première séance ou d’un premier temps de séance et ira dans le premier ou second groupe à la séance suivante ou pour la fin d’une même séance. L’idée de cette géométrie variable est de rendre l’enseignant le plus disponible possible pour aider les élèves dans leur apprentissage et les guider au moment où ils en ont besoin. Cela permet également de faire, et c’est le constat de toutes les personnes qui ont pu assister en spectateurs à un cours, que tous les élèves travaillent tout le temps. Il n’y a pas de temps mort ou d’élève qui a la possibilité de se laisser endormir car il attend que ses camarades aient terminé leur partie du travail ou parce qu’il ne comprend plus le cours.

Du côté de l’enseignant:

Cela suppose que l’enseignant ait construit ces différents chemins de traverse qui vont être proposés aux élèves:

  • des exercices obligatoires, passages obligés qui permettent de dessiner les contours des attentes et des enjeux du cours.
  • des exercices de consolidation qui vont permettre aux élèves de revenir sur la notion abordée dans l’exercice obligatoire avec des éléments pour les aider
  • des exercices d’approfondissement ou des activités périphériques pour permettre aux élèves d’aborder la notion sous un angle différent ou d’élargir leurs connaissances dans un domaine particulier. Il ne s’agit pas ici de faire que les bons élèves traitent forcément la notion plus en profondeur, mais qu’ils démontrent leur maîtrise du cours par son investissement dans un cadre différent.

Cela suppose également des outils qui permettent de faire un diagnostic fréquent des acquis des élèves:

  • les exercices obligatoires qui se synchronisent sur mon classeur me permettent de faire ce premier diagnostic
  • le logiciel NetSupportSchool me permet d’envoyer sur les tablettes des élèves des tests flash, réalisés en quelques minutes et instantanément corrigés

OneNote, un logiciel adapté à l’éducation

Le projet s’est construit autour du logiciel OneNote qui permet la création de classeur numérique interactif particulièrement pratique et facile à utiliser pour l’enseignant et les élèves.

En effet, le logiciel est conçu comme un classeur avec des onglets (sections) dans lesquels on peut ranger autant de pages qu’on le souhaite.

Ainsi, en début d’année, j’ai partagé avec mes élèves, un classeur dans lequel j’ai rangé tous les documents nécessaires au travail en classe (cours, exercices, textes, images, liens hypertexte, fichiers sonores,…)

onglets du classeur2

Dans ce classeur, les élèves peuvent travailler au stylet ou au clavier. Toutes les modifications se synchronisent avec moi en temps réel et cela me permet de voir leur progression, leurs difficultés et de comprendre leurs erreurs.

L’avantage de ce logiciel est de permettre d’intégrer toutes sortes de ressources et de mettre à disposition des pages modifiables par l’élève comme s’il s’agissait d’un cahier d’exercices intelligent.

 

Pourquoi avoir choisi des tablettes hybrides fonctionnant sous Windows 8.1?

L’utilisation la plus fréquente des tablettes dans l’enseignement est celle d’un complément ludique du cours. Or, il apparaît que l’informatique est, à l’heure actuelle, une partie essentielle du travail quotidien de tout citoyen. Nous avons donc voulu tenter d’intégrer le numérique dans le cœur de notre enseignement. Sans nier l’aspect ludique, nous avons souhaité faire des technologies de l’information et de la communication de véritables outils de travail intégrés au déroulement quotidien des séances de travail scolaire. Il s’agit donc de développer des savoir-faire et des pratiques raisonnées et pertinentes du numérique qui nourrissent et complètent la réflexion et l’acquisition de compétences et de connaissances dans chacune des disciplines enseignées et notamment du français.

La tablette hybride permet d’utiliser à la fois toutes les ressources d’une tablette (vidéo, son, applications) et toutes celles d’un ordinateur portable (logiciels de bureautique). De plus, les tablettes hybrides permettent l’utilisation du stylet et la reconnaissance de l’écriture numérique.

Le choix de Windows a été lié à la volonté d’utiliser le logiciel OneNote, le seul logiciel permettant de créer un véritable classeur numérique dans lequel il est possible d’intégrer du son, de la vidéo, du texte, des images, du PDF, de l’écriture tapuscrite et manuscrite et de la reconnaissance de caractères (même en mathématiques), des tableaux Excel, des diaporamas PowerPoint,… OneNote permet ainsi de remplacer le classeur physique de l’élève, son cahier d’exercices, son cahier de brouillon et permet de créer des ressources pédagogiques. On pourrait envisager à terme que ce logiciel devienne le support de manuels numériques.

Enfin, ces choix ont été également conditionnés par la possibilité d’une synchronisation du classeur de l’élève avec celui de l’enseignant. Ainsi, toutes modifications du classeur par l’élève apparaissent, quasiment en temps réel, sur l’ordinateur ou la tablette de l’enseignant qui peut consulter, modifier et par là-même réorienter à tout instant le travail de l’élève en classe ou à la maison.

Ces choix semblent particulièrement pertinents car ils écartent, en partie, les problèmes liés à la question du besoin d’écrire à la main pour mémoriser une notion. Ils permettent aux élèves de choisir la façon dont ils veulent réaliser leurs exercices, à la main ou au clavier. Notre expérimentation a d’ailleurs montré que certains élèves sont très gênés par l’emploi du clavier et le passage au stylet leur a permis de travailler dans les mêmes conditions que sur papier tout en ayant la possibilité d’avoir recours à d’autres ressources informatiques.