Pourquoi avoir choisi des tablettes hybrides fonctionnant sous Windows 8.1?

L’utilisation la plus fréquente des tablettes dans l’enseignement est celle d’un complément ludique du cours. Or, il apparaît que l’informatique est, à l’heure actuelle, une partie essentielle du travail quotidien de tout citoyen. Nous avons donc voulu tenter d’intégrer le numérique dans le cœur de notre enseignement. Sans nier l’aspect ludique, nous avons souhaité faire des technologies de l’information et de la communication de véritables outils de travail intégrés au déroulement quotidien des séances de travail scolaire. Il s’agit donc de développer des savoir-faire et des pratiques raisonnées et pertinentes du numérique qui nourrissent et complètent la réflexion et l’acquisition de compétences et de connaissances dans chacune des disciplines enseignées et notamment du français.

La tablette hybride permet d’utiliser à la fois toutes les ressources d’une tablette (vidéo, son, applications) et toutes celles d’un ordinateur portable (logiciels de bureautique). De plus, les tablettes hybrides permettent l’utilisation du stylet et la reconnaissance de l’écriture numérique.

Le choix de Windows a été lié à la volonté d’utiliser le logiciel OneNote, le seul logiciel permettant de créer un véritable classeur numérique dans lequel il est possible d’intégrer du son, de la vidéo, du texte, des images, du PDF, de l’écriture tapuscrite et manuscrite et de la reconnaissance de caractères (même en mathématiques), des tableaux Excel, des diaporamas PowerPoint,… OneNote permet ainsi de remplacer le classeur physique de l’élève, son cahier d’exercices, son cahier de brouillon et permet de créer des ressources pédagogiques. On pourrait envisager à terme que ce logiciel devienne le support de manuels numériques.

Enfin, ces choix ont été également conditionnés par la possibilité d’une synchronisation du classeur de l’élève avec celui de l’enseignant. Ainsi, toutes modifications du classeur par l’élève apparaissent, quasiment en temps réel, sur l’ordinateur ou la tablette de l’enseignant qui peut consulter, modifier et par là-même réorienter à tout instant le travail de l’élève en classe ou à la maison.

Ces choix semblent particulièrement pertinents car ils écartent, en partie, les problèmes liés à la question du besoin d’écrire à la main pour mémoriser une notion. Ils permettent aux élèves de choisir la façon dont ils veulent réaliser leurs exercices, à la main ou au clavier. Notre expérimentation a d’ailleurs montré que certains élèves sont très gênés par l’emploi du clavier et le passage au stylet leur a permis de travailler dans les mêmes conditions que sur papier tout en ayant la possibilité d’avoir recours à d’autres ressources informatiques.

Trouver des informations pertinentes pour répondre à une question

A l’heure du web 3.0, où les connaissances encyclopédiques sont de plus en plus accessibles, à tous et en temps réel, grâce aux Smartphones, Tablettes, et autres objets connectés, la question n’est plus simplement de « savoir » ou de « connaître l’information ». Il s’agit surtout de savoir où et comment la chercher, puis comment sélectionner les éléments pertinents pour répondre à la question et se les approprier pour pouvoir les exploiter dans différents contextes. Cependant, il faut aussi que l’élève soit capable, à tous les instants de la recherche documentaire, de faire preuve d’esprit critique face à ce qu’il trouve, qu’il ait ce « soupçon légitime » face aux sources qu’il consulte pour en interroger la fiabilité et la pertinence.

Par ailleurs, l’information peut être accessible mais il faut déjà avoir envie de la chercher. « Il ne suffit pas que des ressources soient là pour que le jeune apprenne, nous rappelle Bruno Devauchelle »[1]. L’enseignant change donc de place, il n’est plus l’unique transmetteur du savoir mais son rôle reste central pour conduire les élèves à se questionner sur le monde qui les entoure puis sur ce qu’ils découvrent dans leur activité de recherche.

L’autonomie n’est pas un travail solitaire, déconnecté des ambitions d’acquisition d’un savoir collectif et commun mais davantage la prise en charge de la recherche du savoir par l’élève lui-même dans un parcours qui doit le guider dans le « fouillis » du savoir universel et lui permettre de l’appréhender avec recul et intérêt.

[1] Citation extraite d’un article du Café Pédagogique, « Numérique et autonomie », http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/05/23052014Article635364072150878736.aspx, consulté le 1 novembre 2014.