Première étape de l’autonomie: initiation à la recherche documentaire

Dans le cadre de l’expérimentation, on a choisi d’aider les élèves dans la découverte des ressources à leur disposition. Pour ce faire, dès la deuxième semaine, la classe a suivi une formation à la recherche documentaire avec les enseignants documentalistes.

Grâce à l’expertise de mes collègues,nous avons pu apprendre aux élèves à travailler à l’aide de mots-clés dans le moteur de recherche du CDI, mots-clés qu’ils ont pu réutiliser dans leur recherche sur Internet. Elles ont, en effet, construit un parcours de formation qui guide les élèves dans le questionnement autour du sujet de recherche pour faire émerger ces mots-clés grâce à une utilisation pertinente des dictionnaires et encyclopédies. Cette formation les conduit ensuite à comprendre comment fonctionne un moteur de recherche sur Internet pour enfin les amener à se questionner sur les sources des éléments trouvés lors de leur recherche.

L’objectif a été de les confronter tout de suite aux questions liées à la pertinence de l’information et aux problèmes liés à son exploitation.

Les élèves ont donc, dès le début de leur utilisation des tablettes, appris à se questionner sur la fiabilité d’un site Internet, à se familiariser avec la notion de source de l’information (notamment en ce qui concerne les encyclopédies collaboratives comme Wikipédia). Cette réflexion sur la pertinence et la fiabilité des sources a été facilitée par l’accès aux documents du CDI sur lesquels les élèves ont dû travailler en priorité avant d’aller consulter Internet.

Cette première étape a été, pour moi, nécessaire et particulièrement importante car pour pouvoir faire travailler les élèves en autonomie, ils devaient être capables de faire des recherches sur Internet pertinentes. L’utilisation des tablettes et la pratique d’une pédagogie différenciée les conduit ainsi à réinvestir en permanence les compétences mises en œuvre dès cette première séquence de cours, compétences qui leur seront absolument nécessaires tout au long de leur parcours de lycéen, notamment pendant l’année de première et pendant la réalisation des TPE, et de leur vie de citoyen.

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Un mode d’évaluation différent: l’évaluation diagnostique

Au début de l’expérience, les élèves et surtout les parents ont été très déstabilisés par le fait de n’avoir pas ou très peu de notes. En effet, afin d’aider les élèves dans leurs acquisitions et leur apprentissage, j’ai choisi d’avoir essentiellement recours à l’évaluation diagnostique.

Des élèves évalués quotidiennement:

En réalité, les élèves sont constamment évalués. L’accès à leur classeur me donne la possibilité de consulter et de corriger les travaux en cours. J’ai une bien meilleure connaissance de leur niveau, de leurs difficultés, de leurs erreurs et je peux « dialoguer » avec eux en ajoutant des annotations sur leur classeur ou en leur donnant des conseils à tout moment. Au début, certains élèves ne voulaient rédiger sur le classeur numérique que de « beaux » documents, tapés au clavier et déjà finalisés. Cependant, ils se sont vite rendus compte qu’ils perdaient du temps et que cela n’empêchait pas mes corrections. Maintenant, ils sont de plus en plus nombreux à commencer leur exercice au stylet, ou à créer des pages de brouillon dans lesquelles ils rédigent au stylet, comme sur un cahier de brouillon papier, avant de passer au « propre » sur la page d’exercice ou dans un document Word à me rendre.

La synchronisation me permet ainsi d’établir un premier diagnostic dans le cours de la formation sans nécessairement faire un test.

Des tests hebdomadaires:

Toutes les semaines, nous faisons également au moins un test à l’aide de NetSupportSchool. Les tests sont créés à la maison et je n’ai qu’à les copier sur l’ordinateur portable qui se trouve en classe pour pouvoir ensuite les envoyer sur toutes les machines des élèves. Le test est minuté et se corrige en temps réel (je vois sur la console tuteur apparaître les erreurs des élèves au fur et à mesure qu’ils répondent aux questions). A la fin du test, le logiciel envoie à chaque élève ses résultats individuels et les réponses qu’il a données ainsi que les réponses attendues sur sa tablette. Ils prennent ainsi un temps pour observer leur erreur avant que je ne forme à nouveau des groupes pour travailler avec ceux qui ont eu le plus de difficultés.

Des remédiations immédiates:

L’idée est de ne pas attendre entre l’évaluation et le moment où l’on revient sur l’exercice réalisé et de reprendre immédiatement la notion qui n’a pas été comprise. J’ai souvent , par le passé, pratiqué la remédiation après une évaluation qui sanctionnait l’erreur par une note. Je me suis rendue compte que peu d’élèves retravaillaient l’exercice avant de faire sa remédiation, ce qui ne leur permet pas de progresser vraiment. Dans cette expérimentation, j’ai choisi de pratiquer la remédiation avant le devoir bilan, avant qu’ils ne reçoivent une note sanction sur laquelle ils n’ont pas forcément envie de revenir. Ils sont ainsi beaucoup plus motivés car ils savent qu’ils travaillent retravaillent pour réussir leur évaluation finale tout en ayant le droit de se tromper au cours de leur apprentissage.

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Je dois tout de même dire que cette pratique de l’évaluation n’est pas encore complètement ancrée dans leur esprit car, à chaque fois que je propose un test sur le NetSupportSchool, leur première question est « Est-ce que c’est noté? ».

Exploiter les corrections pour progresser

Expérience menée le jeudi 13 novembre 2014

Lors d’une séance d’accompagnement personnalisé, j’ai souhaité montrer aux élèves l’intérêt des corrections interactives fournies dans le classeur. Nous avions précédemment travaillé sur un texte théâtral, la déclaration d’amour de Phèdre à Hippolyte, dans la pièce éponyme de Racine. Les élèves avaient eu à répondre à plusieurs questions que nous avions pris un temps pour corriger en commun.

Pendant la séance d’AP, je leur ai distribué une correction beaucoup plus complète qui associe éléments textuels (la rédaction complète des réponses aux questions), iconographiques (un tableau représentant Thésée dans le labyrinthe du Minotaure) et des éléments audio (des compléments ou des explications orales que j’ai enregistrées très simplement avec le logiciel OneNote). J’ai demandé aux élèves de relire le texte en question, puis de consulter la correction et d’écouter les documents sonores en prenant des notes sur leur classeur numérique. Puis, dans un second temps, je leur ai demandé de réfléchir aux questions que l’on pourrait leur poser à partir de l’étude de ce texte et de cette correction. Ensuite, je leur ai demandé d’indiquer ce qu’ils n’avaient pas compris à l’issue de cette correction. Et enfin, ils devaient me dire s’ils voyaient une différence entre cette correction et la première que nous avions menée ensemble.

Compris/ Pas compris:

  • Sur 28 élèves, 1 seule affirme n’avoir pas tout compris de la relation entre les différents personnages, 2 disent avoir encore des difficultés sur le texte.
  • Tous les autres affirment avoir mieux cerné le texte et le mythe de Thésée qui permettait de comprendre le déroulement de la déclaration amoureuse.

Avantages:

  • Tous affirment que ce type de correction leur semble plus utile car elle peut être réécoutée plusieurs fois, elle est plus complète, elle est toujours accessible.
  • Une élève écrit « c’est comme un cours particulier », un autre « j’ai l’impression d’avoir eu le temps de comprendre ».

Anticipation des questions:

  • Peu d’élèves sont capables, en début d’année, d’anticiper les questions que l’enseignant va pouvoir poser sur le cours qui a été fait. Les questions qu’ils formulent sont trop souvent anodines et s’attachent à des détails de la correction. Ils ne cernent pas les enjeux du cours.
  • Une seule élève pose des questions qui sont vraiment pertinentes.

Bilan:

  • Dans cette séance, j’ai obligé les élèves à faire ce travail de retour sur la correction en vue d’une exploitation ultérieure dans un devoir. Je pense continuer à faire cet exercice en cours jusqu’à ce que les élèves s’approprient cette démarche dont ils ont déjà perçu la pertinence.
  • Je vais retravailler avec eux sur les questions posées pour les aider à formuler plus précisément et de façon plus pertinente ce qui est essentiel dans les corrections apportées et qui peut devenir l’objet d’une interrogation.