Séquence en Histoire

Une activité en semi autonomie plutôt qu’un cours inversé pour commencer :

La raison la plus simple pour ce choix est que les élèves et moi-même avions besoin de nous familiariser avec l’outil (et en plus, pour la gestion de la salle elle-même : NetSupportSchool).

Un premier bilan donc sachant que tout ceci est largement perfectible.

Chapitre introductif

Les Européens dans la population mondiale

Jacob Riis : photographe des bas-fonds New-Yorkais à la fin du 19è siècle.

 Objectif principal pour tous les élèves : replacer la vie et le travail de ce photographe dans le contexte de l’histoire des migrants européens aux États-Unis

L’image choisie est celle que les élèves peuvent retrouver dans leur manuel, mais le questionnement diffère puisque les tablettes permettent des progressions différenciées dans l’analyse et la découverte du thème. Ce n’est pas non plus à proprement parler de l’histoire des arts. L’introduction de liens dans One Note permet de réaliser véritablement un cheminement (interne à la section One Note et externe avec un lien vers le site d’une université américaine).

histoire leblanc

Une consigne avec une case à cocher apparaît sous l’image (description précise). Les consignes sont toutes délivrées de la sorte (case à cocher et casse de caractère différente).

 

Le cheminement interne à la section One Note

 

Le lien conduit vers une courte biographie de Riis (située dans une nouvelle page et accessible également par le menu de la section dans le volet de droite) dans laquelle les élèves trouvent également des liens. En cliquant dessus ils peuvent récupérer les éléments pour répondre aux questions à propos du photographe.

1. Pour quelle raison Riis a-t-il été particulièrement sensible à la situation des migrants aux États-Unis ?

  1. Complétez le portrait de Riis avec quelques éléments du lien « Les rues et les taudis de New York ».
  1. D’où vient la majorité des migrants à l’époque où Riis fait ses reportages ?
  1. Après avoir lu attentivement le texte et suivi les liens proposés, montrez comment Riis a pu avoir une influence sur l’opinion publique américaine.

Deux possibilités qui permettent de différencier l’approche dans la conduite du travail s’offrent alors.

En effet, souvent, dans la conduite de la classe, sur ce type d’exercice en semi-autonomie, le rythme tenu dans l’interactivité avec le professeur ne convient pas à tous (soit trop lent, soit trop rapide). A moins d’avoir prévu plusieurs portes de sortie il n’est pas possible de laisser des élèves en attente (on reprend souvent, on tempère etc.).

Objectif 1. Ici toutes les questions ont des éléments de réponse dans l’ensemble des pages de la section et le petit texte proposé, et un simple prélèvement / compréhension d’informations sur les documents permet d’affiner le travail. Tous les élèves qui s’engagent dans la lecture des textes peuvent mener à bien le travail et aboutir à une trace écrite commune à tous – soit reprise, soit encore partagée par le réseau.

Objectif 2. Pour les questions 2 et 4 de l’exemple ci-dessus, deux des liens renvoient vers :

– 1. Une page de la section purement informative sur la naissance du photojournalisme

– 2. Un texte extrait du livre de Riis et en américain donne quelques informations supplémentaires sur le travail du photographe (qui est aussi journaliste). Tout le vocabulaire est donné en notes. Tous peuvent le lire avec le niveau d’anglais de seconde.

– 3. Un lien vers une université américaine présente de nombreuses images et une réflexion plus dense sur le travail de Riis. Il offre suffisamment de références pour développer la question 2 et la question 4.

Tous les liens permettent de naviguer dans la section One Note, d’une page à l’autre, ils permettent donc aux élèves de comprendre que l’on construit un cheminement dans l’analyse d’une image, d’un thème.

Bilan pour cette étude :

– Tous les élèves ont atteint l’objectif principal qui était de donner les traits caractéristiques de la plupart des migrants européens vers les États-Unis ainsi que leur condition d’accueil

– Tous ont fait connaissance avec la personnalité de Jacob Riis

– Tous ont intégré sans hésitation le document en anglais proposé, sans même se poser la question du « niveau », de la même manière que j’ai pu le pratiquer en HG Européen (Allemand). Le document quelle que soit sa langue devient une source d’information.

En l’occurrence il n’y a pas « d’étrangeté » à un document en langue anglaise dans une étude numérique à condition d’en avoir les clés évidemment.

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Comment pallier les problèmes de connexion à la maison ?

Dans le cadre de mon cours de français, les élèves n’ont plus de classeur physique. Je leur distribue tout de même des fiches bilan polycopiées sur lesquelles sont reprises toutes les définitions ou notions qu’ils ont eu à découvrir par eux-mêmes au cours de la séquence. Ces documents papiers sont nécessaires notamment car la classe compte deux élèves qui vivent toute la semaine à l’Internat, où il n’y a pas d’accès à Internet (pour l’instant) et deux élèves qui sont sportifs de haut niveau et ne peuvent pas toujours aller consulter leur classeur, le soir, après les entraînements ou le week-end, quand ils sont en compétition. Je pense, d’ailleurs, que pour ma prochaine séquence, je vais distribuer, au début, un certain nombre de documents de référence (énoncés des DM notamment, planning des séances,…) afin de permettre, à ces élèves particuliers, de travailler plus facilement de chez eux. Cependant, il est à noter que mon chef d’établissement, qui souhaite favoriser pleinement le fonctionnement de cette expérimentation, nous a permis d’ouvrir la salle deux heures par semaine pour permettre aux élèves de travailler en autonomie. Nous avons déterminé deux heures où la grande majorité des élèves (seuls deux élèves ne peuvent pas venir sur la première des deux heures) n’avait pas cours et la salle est surveillée par un assistant pédagogique impliqué dans le projet, qui a été formé à l’usage des tablettes afin de pouvoir aider les élèves en cas de besoin. Au début, peu d’élèves venaient travailler sur ces heures et depuis deux semaines, la salle est régulièrement occupée par des groupes de 5 à 10 élèves qui viennent finir leurs devoirs, revoir une leçon, préparer un contrôle ou simplement faire une recherche documentaire.

Première étape de l’autonomie: initiation à la recherche documentaire

Dans le cadre de l’expérimentation, on a choisi d’aider les élèves dans la découverte des ressources à leur disposition. Pour ce faire, dès la deuxième semaine, la classe a suivi une formation à la recherche documentaire avec les enseignants documentalistes.

Grâce à l’expertise de mes collègues,nous avons pu apprendre aux élèves à travailler à l’aide de mots-clés dans le moteur de recherche du CDI, mots-clés qu’ils ont pu réutiliser dans leur recherche sur Internet. Elles ont, en effet, construit un parcours de formation qui guide les élèves dans le questionnement autour du sujet de recherche pour faire émerger ces mots-clés grâce à une utilisation pertinente des dictionnaires et encyclopédies. Cette formation les conduit ensuite à comprendre comment fonctionne un moteur de recherche sur Internet pour enfin les amener à se questionner sur les sources des éléments trouvés lors de leur recherche.

L’objectif a été de les confronter tout de suite aux questions liées à la pertinence de l’information et aux problèmes liés à son exploitation.

Les élèves ont donc, dès le début de leur utilisation des tablettes, appris à se questionner sur la fiabilité d’un site Internet, à se familiariser avec la notion de source de l’information (notamment en ce qui concerne les encyclopédies collaboratives comme Wikipédia). Cette réflexion sur la pertinence et la fiabilité des sources a été facilitée par l’accès aux documents du CDI sur lesquels les élèves ont dû travailler en priorité avant d’aller consulter Internet.

Cette première étape a été, pour moi, nécessaire et particulièrement importante car pour pouvoir faire travailler les élèves en autonomie, ils devaient être capables de faire des recherches sur Internet pertinentes. L’utilisation des tablettes et la pratique d’une pédagogie différenciée les conduit ainsi à réinvestir en permanence les compétences mises en œuvre dès cette première séquence de cours, compétences qui leur seront absolument nécessaires tout au long de leur parcours de lycéen, notamment pendant l’année de première et pendant la réalisation des TPE, et de leur vie de citoyen.

Quelques principes de la collaboration en classe

Un des objectifs du projet est d’amener les élèves à collaborer entre eux et avec l’enseignant pour mutualiser leurs connaissances et leurs compétences pour progresser et produire des données et documents de meilleure qualité. Cependant, cette pratique n’est pas habituelle dans le cadre scolaire et les élèves sont déstabilisés par ce que je leur demande.

Le classeur : un espace collaboratif entre les élèves et l’enseignant :

Le classeur numérique de l’élève qui se synchronise avec celui de l’enseignant est conçu pour être un espace de collaboration. Cependant, les élèves ont encore du mal à prendre en considération les annotations ou les conseils que je leur formule. Certains ont vite compris l’intérêt pour améliorer leur travail, d’autres se contentent de les regarder mais n’en tirent pas encore de conclusions pour modifier leur premier jet.

Il y a pourtant un avantage indéniable que tous remarquent : je vois ce qu’ils font. Les élèves ont besoin de solliciter régulièrement l’avis de l’enseignant pendant le temps de cours pour que celui-ci contrôle le travail. Certains attendent patiemment ce regard bienveillant pour continuer à avancer et parfois le temps du cours ne suffit pas à donner son attention à tous les élèves. Grâce à la synchronisation, tous les élèves, alors même qu’ils travaillent en autonomie ou font des travaux individualisés, ont l’impression que je suis plus proche d’eux, que je m’intéresse davantage à ce qu’ils font car je ne perds jamais le contact avec leur travail.

La collaboration entre élèves :

Dans le temps du cours, de nombreux moments sont consacrés au travail en binôme ou en groupes plus larges. Les élèves apprennent à collaborer et à s’aider mutuellement pour régler des questions de cours ou des problèmes informatiques. Je leur ai expliqué le fonctionnement par groupes de compétences et, malgré leur envie irrépressible de me solliciter, ils savent qu’ils doivent d’abord chercher par eux-mêmes et avec l’aide de leurs camarades pour répondre à leur question s’ils ne veulent pas me voir refuser de répondre.

Ces pratiques se mettent en place doucement depuis le début de l’année. Plus on avance dans le projet et plus ils sont capables de trouver des solutions par eux-mêmes.

Il n’est pas question que je les laisse face à leurs interrogations mais ils ont bien compris, pour avoir tous, au moins une fois, fait partie du groupe « Ronde des plats », que pour pouvoir aider les élèves en difficultés, je dois être davantage disponible. Ils jouent donc le jeu et la semaine dernière, à une question qui m’était posée, une élève s’est spontanément proposée pour aller aider son camarade en difficulté.

L’enseignant garde un rôle central dans la classe mais plus celui de chef d’orchestre que de transmetteur unique du savoir.

Un mode d’évaluation différent: l’évaluation diagnostique

Au début de l’expérience, les élèves et surtout les parents ont été très déstabilisés par le fait de n’avoir pas ou très peu de notes. En effet, afin d’aider les élèves dans leurs acquisitions et leur apprentissage, j’ai choisi d’avoir essentiellement recours à l’évaluation diagnostique.

Des élèves évalués quotidiennement:

En réalité, les élèves sont constamment évalués. L’accès à leur classeur me donne la possibilité de consulter et de corriger les travaux en cours. J’ai une bien meilleure connaissance de leur niveau, de leurs difficultés, de leurs erreurs et je peux « dialoguer » avec eux en ajoutant des annotations sur leur classeur ou en leur donnant des conseils à tout moment. Au début, certains élèves ne voulaient rédiger sur le classeur numérique que de « beaux » documents, tapés au clavier et déjà finalisés. Cependant, ils se sont vite rendus compte qu’ils perdaient du temps et que cela n’empêchait pas mes corrections. Maintenant, ils sont de plus en plus nombreux à commencer leur exercice au stylet, ou à créer des pages de brouillon dans lesquelles ils rédigent au stylet, comme sur un cahier de brouillon papier, avant de passer au « propre » sur la page d’exercice ou dans un document Word à me rendre.

La synchronisation me permet ainsi d’établir un premier diagnostic dans le cours de la formation sans nécessairement faire un test.

Des tests hebdomadaires:

Toutes les semaines, nous faisons également au moins un test à l’aide de NetSupportSchool. Les tests sont créés à la maison et je n’ai qu’à les copier sur l’ordinateur portable qui se trouve en classe pour pouvoir ensuite les envoyer sur toutes les machines des élèves. Le test est minuté et se corrige en temps réel (je vois sur la console tuteur apparaître les erreurs des élèves au fur et à mesure qu’ils répondent aux questions). A la fin du test, le logiciel envoie à chaque élève ses résultats individuels et les réponses qu’il a données ainsi que les réponses attendues sur sa tablette. Ils prennent ainsi un temps pour observer leur erreur avant que je ne forme à nouveau des groupes pour travailler avec ceux qui ont eu le plus de difficultés.

Des remédiations immédiates:

L’idée est de ne pas attendre entre l’évaluation et le moment où l’on revient sur l’exercice réalisé et de reprendre immédiatement la notion qui n’a pas été comprise. J’ai souvent , par le passé, pratiqué la remédiation après une évaluation qui sanctionnait l’erreur par une note. Je me suis rendue compte que peu d’élèves retravaillaient l’exercice avant de faire sa remédiation, ce qui ne leur permet pas de progresser vraiment. Dans cette expérimentation, j’ai choisi de pratiquer la remédiation avant le devoir bilan, avant qu’ils ne reçoivent une note sanction sur laquelle ils n’ont pas forcément envie de revenir. Ils sont ainsi beaucoup plus motivés car ils savent qu’ils travaillent retravaillent pour réussir leur évaluation finale tout en ayant le droit de se tromper au cours de leur apprentissage.

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Je dois tout de même dire que cette pratique de l’évaluation n’est pas encore complètement ancrée dans leur esprit car, à chaque fois que je propose un test sur le NetSupportSchool, leur première question est « Est-ce que c’est noté? ».

Une classe à géométrie variable

Individualiser, personnaliser ou différencier le travail pour chaque élève de la classe demande beaucoup d’organisation. L’avantage de l’utilisation des tablettes pendant le cours est de pouvoir mettre à disposition tous les exercices nécessaires d’un seul coup. De plus, d’une séance à l’autre, les élèves peuvent poursuivre leur travail individuel sans difficulté puisque l’on élimine complètement tous les problèmes d’oublis de matériel du côté de l’élève comme de celui du prof.

Afin de faciliter le travail individuel, j’ai décidé d’instituer un fonctionnement en groupes ou îlots de compétences:

  • Le premier groupe appelé « Le chef est parti » est constitué d’élèves que je pense ou qui se pensent aptes à faire l’exercice sans aide de ma part. Ce groupe doit réaliser des exercices d’approfondissement ou des activités qui peuvent être périphériques au cours et à la notion abordée.
  • Le second groupe appelé « Panier garni » est constitué d’élèves qui ont compris la notion mais qui doivent encore préciser des éléments dans les connaissances ou compétences à acquérir. Ils travaillent nécessairement en binôme et ont le droit, après avoir cherché par eux-mêmes, de me consulter sur l’exercice dit de consolidation.
  • Le troisième groupe appelé « Ronde des plats » travaille avec moi. Ils n’ont pas compris ou ne sont pas encore capables de réinvestir la notion dans un exercice. Nous faisons un travail de remédiation ensemble avant de faire l’exercice de consolidation.

Ces trois groupes sont variables, ils dépendent de chaque notion. Ainsi, un élève peut avoir besoin de mon aide au moment où l’on aborde la double énonciation au théâtre et avoir parfaitement compris le registre tragique. Il figurera donc dans le troisième groupe lors d’une première séance ou d’un premier temps de séance et ira dans le premier ou second groupe à la séance suivante ou pour la fin d’une même séance. L’idée de cette géométrie variable est de rendre l’enseignant le plus disponible possible pour aider les élèves dans leur apprentissage et les guider au moment où ils en ont besoin. Cela permet également de faire, et c’est le constat de toutes les personnes qui ont pu assister en spectateurs à un cours, que tous les élèves travaillent tout le temps. Il n’y a pas de temps mort ou d’élève qui a la possibilité de se laisser endormir car il attend que ses camarades aient terminé leur partie du travail ou parce qu’il ne comprend plus le cours.

Du côté de l’enseignant:

Cela suppose que l’enseignant ait construit ces différents chemins de traverse qui vont être proposés aux élèves:

  • des exercices obligatoires, passages obligés qui permettent de dessiner les contours des attentes et des enjeux du cours.
  • des exercices de consolidation qui vont permettre aux élèves de revenir sur la notion abordée dans l’exercice obligatoire avec des éléments pour les aider
  • des exercices d’approfondissement ou des activités périphériques pour permettre aux élèves d’aborder la notion sous un angle différent ou d’élargir leurs connaissances dans un domaine particulier. Il ne s’agit pas ici de faire que les bons élèves traitent forcément la notion plus en profondeur, mais qu’ils démontrent leur maîtrise du cours par son investissement dans un cadre différent.

Cela suppose également des outils qui permettent de faire un diagnostic fréquent des acquis des élèves:

  • les exercices obligatoires qui se synchronisent sur mon classeur me permettent de faire ce premier diagnostic
  • le logiciel NetSupportSchool me permet d’envoyer sur les tablettes des élèves des tests flash, réalisés en quelques minutes et instantanément corrigés

OneNote, un logiciel adapté à l’éducation

Le projet s’est construit autour du logiciel OneNote qui permet la création de classeur numérique interactif particulièrement pratique et facile à utiliser pour l’enseignant et les élèves.

En effet, le logiciel est conçu comme un classeur avec des onglets (sections) dans lesquels on peut ranger autant de pages qu’on le souhaite.

Ainsi, en début d’année, j’ai partagé avec mes élèves, un classeur dans lequel j’ai rangé tous les documents nécessaires au travail en classe (cours, exercices, textes, images, liens hypertexte, fichiers sonores,…)

onglets du classeur2

Dans ce classeur, les élèves peuvent travailler au stylet ou au clavier. Toutes les modifications se synchronisent avec moi en temps réel et cela me permet de voir leur progression, leurs difficultés et de comprendre leurs erreurs.

L’avantage de ce logiciel est de permettre d’intégrer toutes sortes de ressources et de mettre à disposition des pages modifiables par l’élève comme s’il s’agissait d’un cahier d’exercices intelligent.