Pourquoi les tablettes favorisent l’individualisation?

L’individualisation du travail suppose que chaque élève puisse travailler à son rythme mais également que l’enseignant soit disponible pour aider les élèves les plus en difficulté. Or la disponibilité de l’enseignant est soumise à la capacité des élèves à travailler en relative autonomie, c’est-à-dire à la possibilité qu’un certain nombre d’élèves réalisent leurs exercices sans avoir besoin d’un accompagnement constant.

J’ai donc essayé, lors d’un cours de français, dans une classe « normale » (sans tablette) de proposer aux élèves trois types d’activités différentes à partir du diagnostique établi sur un exercice qu’ils devaient faire à la maison.

Le premier groupe qui avait très bien réussi l’exercice devait faire une activité d’approfondissement. Le second groupe devait faire un exercice de consolidation. Et le dernier groupe devait reprendre l’exercice initial avec mon aide avant de pouvoir commencer l’exercice de consolidation.

Plusieurs problèmes se sont posés au cours de cette séance.

D’abord, les élèves du premier groupe avaient besoin d’informations lexicales complémentaires pour comprendre le texte. La classe ne disposant que d’un dictionnaire papier, très rapidement les élèves ont arrêté de travailler, attendant que je réponde à leurs questions ou d’avoir le dictionnaire pour pouvoir continuer.

Certains élèves du second groupe n’avaient finalement pas bien compris le premier exercice et ont souhaité revenir travailler avec le premier groupe. Le remue-ménage créé par le déplacements des chaises mais surtout du matériel nécessaire pour écrire a perturbé l’avancée du travail.

Les élèves de ces deux groupes qui ont fini avant les autres se sont mis à discuter avec leurs voisins, n’ayant plus rien à faire.

Cependant.

Ce qui demeure très intéressant, malgré ces difficultés, c’est que certains élèves du premier groupe, les plus en difficulté, qui ne travaillent pas ou très peu au cours d’une séance normale de cours, ont eu l’impression de vraiment progresser. J’ai constaté notamment un changement radical pour un élève très faible, qui affirme généralement ne « rien comprendre en cours », et qui pendant cette séance, a travaillé et a été très content de « réussir » à refaire l’exercice avec moi. Il s’est lancé dans l’exercice de consolidation avec enthousiasme et a produit des résultats intéressants.

Individualiser le travail semble donc être pertinent pour éviter que les élèves les plus en difficultés ne décrochent. Cependant, pour pouvoir être réalisable sans tablette, il faudrait que l’enseignant prévoit une quantité de photocopies d’exercices très importante. De plus, il serait nécessaire de mettre à disposition des élèves de nombreux outils de documentations complémentaires (dictionnaires, encyclopédies,…) ou de prévoir des séances avec plusieurs enseignants présents dans une même salle. Ce qui est donc très simple dans une classe avec tablettes devient très complexe dans une classe « normale ».

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Auteur : fannyegger

Professeure agrégée de Lettres Modernes, enseignante au lycée Henri Parriat de Montceau-les-Mines, Saône-et-Loire, Bourgogne, France.

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